FONDtr2

 

 

 

Initiative de la Chambre d'agriculture, produit par le journal L'Exploitant agricole de Saône-et-Loire, le deuxième plateau venait compléter le premier en déclinant sur le thème d’Agriculture et Environnement. À voir et à revoir sur macon-infos.

Éleveuse à La Grande Verrière, Chloé Pimont l’avoue elle-même : « j’accumulais tous les clichés : végétarienne, dans le monde du spectacle, hors sol à Paris ». Et d’expliquer pourquoi : « A 20 ans, j’ai pris une petite conscience écologique avec les média notamment, avec des articles de journaux sur le bien-être animal et des documentaires avec des images souvent de pays étrangers qui ne correspondent pas à l’agriculture française. On prend tout cela pour argent comptant et on met tout le monde dans le même panier », se souvient-elle. Elle reconnaissait aussi qu’en « ville, c’est difficile d’acheter en circuit court et c’est la solution de facilité de ne manger plus que des légumes, des féculents… ».

Par hasard, elle viendra plus tard s’installer dans le Morvan où « elle a vu plein de bêtes dans les champs, pas du tout comme ce qu’on disait à la TV », c’est ainsi qu’elle décida de travailler la laine « du dos du mouton au produit fini », elle qui élève maintenant des brebis. Depuis, elle a changé et pris du recul. « Après des échanges riches et compris que l’élevage avait plein d’intérêts, je me suis remise à manger de la viande et à en faire », en agriculture biologique. Des échanges qui se poursuivent aujourd’hui au sein du GIEE de l’Autunois-Morvan, lui permettant, comme les autres, « d’être aidé au moindre souci » avec des conseils des autres membres. Avec le retour de ses clients, Chloé Pimont a aujourd’hui « des conditions de vie rêvées ».

A la Ferme de Jalogny, Julien Renon n’est pas mal non plus. Le responsable rappelait que les vaches et veaux peuvent en dire autant, eux qui pâturent de larges praires permanentes, « non labourées permettant de maintenir une certaine biodiversité aussi ». Alors polluant l’élevage ? Julien Renon relativise déjà : « toute activité humaine contribue à l’émission de gaz à effet de serre. L’élevage a la particularité de pouvoir compenser par sa nature à l’herbe. A travers le sol, la prairie, le maillage bocager et les arbres, l’élevage permet de stocker du carbone de façon importante, entre 40 et 50 % de ses émissions ».

Et toutes les mesures ne sont pas encore finalisées, comme la « trame verte » qui renvoi vers l’espace les rayonnements solaires (le réfléchissement albédo) ou encore avec des pistes d’amélioration autour de l’autonomie alimentaire. C’est d’ailleurs, ce que recherche Sylvain Chopin. L’éleveur de chèvres à Chissey-lès-Mâcon estime que « ma première assurance sécheresse, c’est la surface de ma ferme. Avec 50 ha et 110 chèvres, j’avais jusqu’à présent des marges de manœuvre pour choisir mes fourrages et revendre les surplus mais depuis 3 ans, on grignote sur le stock de réserve plus tôt ».

Du coup, l’agronomie revient en force, lui qui plante des méteils par exemple. Autre piste, l’adaptation de ses bâtiments « pour mettre les animaux à l’abri l’hiver mais aussi des températures excessives de l’été en ventilant pour le bien être » et en installant des panneaux photovoltaïques en toiture (250m2) « pour être à moitié autonome en matière d’énergie et être en phase avec les attentes de la société » en produisant de l’énergie en plus.

Conseiller viticole au Vinipôle Sud Bourgogne et spécialiste du Climat, Thomas Canonier remettait en perspective les questions que cela pose aussi pour les plantes pérennes comme la vigne « plantée pour 50 ans et plus ». Les vignerons sont en « première ligne et il n’y a pas de climato-sceptiques ».

Les dates des vendanges « plus précoces » sont là pour en témoigner, tout comme le changement de profil des vins avec des acidités moins marquées. Malheureusement d’actualité, l’avancée du stade végétatif en raison d’hivers plus doux « qui se mettent en phase avec des périodes de gels assez forts ». Aujourd’hui le matériel végétal et les pratiques culturales sont adaptés à nos climats de Bourgogne et l’enjeu demain « sera de les adapter à un climat qui sera plus celui de Valence, Montélimar voire, la Camargue ». La viticulture a déjà changé ses pratiques, notamment en terme de pulvérisation phytos, et avec « un verdissement au sens littéral » avec de plus en plus d’enherbement des vignes. Moins d’herbicide, moins d’érosion lors des « pluies intenses »… cela fait partie d’un tout avec les haies et les arbres environnants. La capacité de « résilience », ou résistance des exploitations, en passera par un empilement de solutions (matériel végétal, porte-greffes, clones…).

Cédric Michelin

Journal L’Exploitant Agricole de Saône-et-Loire

Partenaire de macon-infos