L’association Les Papillons lutte contre les violences faites aux enfants en déployant des boites aux lettres dans les écoles primaires, les collèges et les clubs de sport. Le but : aider les enfants à libérer leur parole des maltraitances dont ils sont victimes…

Une de ces boites aux lettres a été installée à la cantine scolaire de l’école de Crêches-sur-Saône. Et tout au long de la semaine, pendant le temps de midi, l’association a présenté un petit film aux enfants dans les locaux de la mairie. Une vidéo expliquant comment et pourquoi se servir de la boite aux lettres. L’occasion également de répondre à quelques questions et d’évoquer toutes les formes de maltraitances (physiques, morales, sexuelles, cyber harcèlement, harcèlement, racket…).

Les Papillons a été créée en France en 2019. Elle est présidée par Laurent Boyet et compte plus de 850 bénévoles, mais seulement sept en Saône-et-Loire, et deux à Crêches-sur-Saône, Karine Marjorczyk et Kaltoum Chagny, bénévoles des Papillons et parents d’élèves. Toutes deux ont suivi une formation « Recueil de la parole et détection des signaux de maltraitance ».

L’association lutte contre les violences faites aux enfants. Le capitaine de police Laurent Boyet a été victime de violences sexuelles commises par son frère, de 6 à 9 ans. Quand il a libéré sa parole, il avait plus de 40 ans, les faits étaient prescrits. Il a donc décidé de faire en sorte que les enfants libèrent leur parole le plus rapidement possible. « Car cela sera plus facile d’engager un travail de reconstruction.  Certains enfants vont oser voir un adulte, mais certains n’oseront jamais. De savoir qu’il y a une boite aux lettres grâce à laquelle ils pourront expliquer avec leur mots ou leurs dessins, la situation qui les fait souffrir est rassurant », expliquent Karine Marjorczyk et Kaltoum Chagny.

Pourquoi il y a urgence à agir ? Voici la réponse en quelques chiffres : 700 000 enfants sont victimes, chaque année, de harcèlement scolaire.  Soit trois enfants par classe dont 12 % en primaire. 165 000 enfants sont victimes chaque année de viols ou d’agressions sexuelles (un enfant toutes les trois minutes, deux enfants par classe). Quatre victimes de violences sexuelles sur dix ont tenté de se suicider. Un quart des enfants harcelés ont déjà pensé au suicide. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents. Et un agresseur sur quatre est mineur.

Une convention a été signée avec la mairie (votée en conseil municipal) et Mme Fortune, présidente du restaurant scolaire. Les parents délégués ont été avertis de l’installation de cette boite aux lettres. « Aujourd’hui, lors de notre relevé de boite nous avons trouvé un mot. Nous avons fait le choix de ne pas les lire, on les scanne, on les envoie au président de l’association. On les garde tant que le président ne nous demande pas soit de le détruire ou de le remettre aux autorités compétentes. Nous sommes juste des factrices qui faisons le lien et récupérons deux fois par semaine le courrier. »

Au total, 74 boites aux lettres ont déjà été installées en France. Dans le département, à part à Crêches, une autre a été mise au club de foot de Sagy. Des conventions ont également été signées avec les clubs de judo et de natation.

Pour avoir des antennes départementales, il faut au moins 8 à 9 bénévoles et trois boites aux lettres au moins. « On aimerait déployer ces boites et recruter des bénévoles pour pouvoir avoir cette antenne. Le projet à long terme de l’association, étant aussi de trouver des financements pour créer des Maisons Papillons, lieux uniques, où enfants et parents pourraient trouver toute l’aide nécessaire : médicale, psychologues, infirmières, conseils juridiques, ateliers, art thérapie… »

Pour devenir bénévole, faire un don ou en savoir plus sur l’association, rendez-vous sur le site : https://www.associationlespapillons.org/

Nathalie Brunet

Photo d'accueil : Karine Marjorczyk et Kaltoum Chagny, bénévoles des Papillons et parents d’élèves