mercredi 4 août 2021

Communiqué du collectif Pas d’ECLAT :

Le collectif Pas d’ECLAT, représentant un large éventail de la société civile en Saône-et-Loire opposée au projet de parc d’attractions historiques ECLAT à Tournus, publie ici le résultat d’un questionnaire envoyé aux candidats aux élections régionales (Bourgogne Franche-Comté) et départementales (cantons de Chalon-sur-Saône, Mâcon, Tournus, Hurigny et Cluny).

La question était :

« Sur l'écologie et l'agriculture, vous affichez votre volonté d'œuvrer pour la transition écologique, de promouvoir une agriculture locale, de lutter contre l'artificialisation des terres agricoles et la dénaturation des paysages.

Si vous étiez élu(e)s, et face à ces enjeux, apporteriez-vous votre soutien et engageriez vous des fonds publics pour la réalisation d'un projet qui, sans présenter de caractère d'intérêt public, artificialiserait plus de 15 ha de terres agricoles nourricières en périphérie immédiate d'une ville de plus de 5000 habitants? »

Nous remercions les candidats qui se sont donné la peine de répondre.

Notons tout d’abord qu’il a été difficile et parfois impossible d’obtenir les adresses mail des candidats. Cela en dit long sur la volonté de certains d’être à l’écoute des électeurs.

Quant aux réponses, elles sont rares (voir les réponses dans la pièce jointe). Sur 44 listes, seules 11 ont répondu.

Aux régionales, seules Stéphanie Modde, tête de liste Ecologistes et solidaires en Bourgogne Franche-Comté et Claire Mallard, tête de liste en Saône-et-Loire, ont répondu par un long communiqué. Rémy Rebeyrotte, tête de liste La Région, partout et pour tous ! (LREM) en Saône-et-Loire a lui aussi répondu.

Pareillement, sur les 30 listes des 8 cantons, seules les listes Changeons d’air (Mâcon 1 et 2), Ensemble pour un département écologiste et social (Chalon 2), le Printemps chalonnais (Chalon 1 et 3) et la liste LREM (Chalon 1) ont répondu. Excepté pour cette dernière, elles ont exprimé leur intention de ne pas soutenir le projet ECLAT.

Pour le canton de Tournus, premier concerné par un projet qui artificialiserait des terres agricoles en périphérie de la ville, une seule liste a répondu.

Qu’en conclure ? D’abord qu’il est intolérable que dans une démocratie représentative, des hommes et femmes qui aspirent à nous représenter refusent de répondre aux questions des citoyens. Cela en dit long sur leur intégrité mais aussi sur leur niveau de conscience des enjeux écologiques et climatiques auxquels l’humanité fait face. Toutes et tous, dans leur programme électoral, professent une adhésion pleine et entière aux causes écologiques et climatiques mais, dès qu’il est question d’un projet de développement local, peu ont le courage de s’y opposer, quand d’autres prétendent ne pas en savoir assez sur le projet pour se prononcer. Alors que la terre brûle et que le vivant s’éteint, comment peut-on continuer à adhérer à un modèle économique et à des modes de consommation qui nous mènent droit à la catastrophe ? Comme l’observe le pape François dans son encyclique Laudato si, « il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l'environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l'effondrement. »

Aux électeurs d’en juger.

Le Collectif Pas d'ECLAT

https://www.pasdeclat.fr/

pasdeclat@protonmail.com

 

Ci-dessous, les réponses reçues :

 

Régionales Bourgogne Franche-Comté

Liste Ecologistes et solidaires (Stéphanie MODDE, tête de liste régionale et Claire MALLARD, tête de liste départementale).

« A l’attention du collectif Pas D’Éclat,

Vous connaissez la position d’EELV Bourgogne : le foncier agricole a avant tout une fonction nourricière. Actuellement, le projet ECLAT est un projet porté par le Conseil Départemental de Saône-et-Loire. La Région n’est pas engagée dans le projet.

Nous considérons que ce choix est une aberration écologique et économique. Il est en décalage complet avec l’urgence climatique et le défi biodiversité. Décalage également avec la société qui aspire à un mode de vie plus sobre et respectueux de l’environnement.

Éclat relève donc d’un choix irresponsable pour plusieurs raisons :

1) l’artificialisation des sols progresse d’environ 8,5 % par an, soit une augmentation équivalente à un département français moyen en moins tous les dix ans. La Saône-et-Loire, avec le Doubs et le territoire de Belfort, a un taux d’artificialisation des sols le plus élevé de la Région (10 %) donc au dessus de la moyenne nationale.

2) La Région, comme l’ensemble du territoire, est confronté à un problème renouvellement des exploitations. La moitié des agriculteurs partira à la retraite d’ici 10 ans. Il faut donc déployer une politique volontariste d’installation- reprises en lien avec les politiques d’emploi-formation pour dynamiser l’économie en milieu rural. C’est une priorité de notre politique agricole régionale.

3) L’enjeu est de créer des emplois locaux dans les villes moyennes et en milieu rural, en garantissant un revenu décent aux paysans et en offrant aux habitants la possibilité de se nourrir localement et sainement.

4) Rompre avec les politiques de tourisme qui reposent sur des projets « clef en main » déconnectés des milieux naturels et du patrimoine culturel.

Conformément à la cohérence et la constance de notre projet, la Région dirigée par les écologistes ne financera, dans aucun cas de figure, le projet Eclat. Plus globalement, nous nous opposerons au rachat des terres agricoles par des sociétés financières spéculatives et portant des projets non-agricoles et à une utilisation autre que la production alimentaire (ex : production d'agrocarburants, méthanisation industrielle, parc d’activités touristiques et industriels...).

Nous mettrons en œuvre une politique de tourisme reposant sur le tourisme de proximité et la transition du tourisme de montagne. Nous attribuerons un budget conséquent sur l’ensemble du mandat se décomposant ainsi : 22 millions par an dont 17 millions sur la promotion d’un tourisme vert et patrimonial (circuits « nature », fluvial, terre de résidence d’artistes et d’artisans d’art...) et 5 millions d’euros pour les véloroutes/modes doux structurants. Nous porterons une attention particulière à travailler en concertation avec les acteurs du monde agricole pour développer une filière « agritourisme » encore peu présente sur notre territoire alors que nous avons un véritable potentiel à valoriser. Enfin, nous nous appuierons sur les initiatives des Agences de Tourisme qui agissent déjà pour un tourisme responsable. »

 

Liste La Région, partout et pour tous ! (Rémy REBEYROTTE, tête de liste en Saône-et-Loire)

« A vrai dire, au vu des enjeux environnementaux d’aujourd’hui, je ne suis pas certain qu’un tel projet puisse aboutir. Un autre projet portant sur la découverte de ces enjeux, de la nature, de la biodiversité et faisant le lien entre les générations pourrait par contre être plus adapté. »

 

Tournus

Liste Union de la gauche (Delphine DUGUÉ, Agnès VAILLANT, Mickaël MANIEZ, Gilles PETIT)

« Candidats de Gauche sur le canton de Tournus, nous faisons suite à votre demande d'information quant à notre programme pour les élections départementales et régionales et plus spécialement sur le sujet du projet de parc historique.

Comme vous avez pu le constater, nous sommes engagés pour la conservation des terres agricoles et l'arrêt de l’artificialisation des sols.

En effet, vous n'êtes pas sans savoir que l'autonomie alimentaire va être un enjeu majeur dans les années à venir et qu'il nous faut l'organiser dès maintenant. Compte-tenu de l'importance du changement climatique et de notre expérience de la crise sanitaire actuelle, nous devons produire au plus près du consommateur et ce, quelle que soit la taille de la commune.

 

Par ailleurs, une des causes non négligeable de l'effondrement de la biodiversité est l'artificialisation des sols. Nous nous devons de protéger le vivant face à tout projet ne présentant pas d'intérêt public avéré.

Rétablir la perméabilité des sols devient également aujourd'hui un enjeu majeur et les pouvoirs publics commencent à mettre en place une politique allant en ce sens. Nous devons accompagner cette démarche dans la création de nouveaux projets respectueux de l'environnement.

L’opacité régnant autour de ce projet a été dénoncée à maintes reprises par l’opposition actuelle au sein du conseil départemental. Nous ne pouvons aujourd’hui que déplorer le non-respect des engagements de consultation et de transparence promis par la majorité.

Si nous sommes élus, nous ferons preuve d’obstination en matière de consultation et de transparence.

Nous organiserons des réunions publiques d'information pour les électeurs, élus locaux et acteurs de terrain afin de respecter les exigences démocratiques.

En l'état actuel des choses, devant l'opacité du projet auquel ce questionnaire fait référence et notre positionnement exprimé ci-dessus, nous ne pourrions y apporter notre soutien. »

 

Mâcon 1

Liste Changeons d’air (EELV, GRS, PCF, LFI : Emmanuel JALLAGEAS et Claire MISERERE)

« Les candidats Changeons d’Air ont répondu collectivement.

Nous sommes contre ce projet. C’est écrit clairement dans notre programme “Stopper la bétonisation des sols et mettre un terme aux financements des projets ECLAT à Tournus et Center parcs au Rousset”. Plusieurs d’entre nous étions d’ailleurs à la marche de Tournus. » Emmanuel Jallageas, candidat GRS 71 Mâcon 1

« Aucun soutien à ce genre de projet qui appartient à des temps révolus. » Claire Miserere , candidate EELV Mâcon 1

 

Mâcon 2

Liste Changeons d’air (EELV, GRS, PCF, LFI : Olivier LEPREVOST et Céline VINAUGER)

« En tant que militant de la France Insoumise et membre de l'association ATTAC, je suis deux fois signataire du collectif Pas d'ECLAT. Pour moi, la question ne se pose même pas. Il est hors de question de dépenser de l'argent public pour un parc promouvant le tourisme de masse ni pour des infrastructures qui permettraient d'y accéder. Imaginer des visiteurs manger du fast food dans des décors en carton-pâte plutôt que de visiter le patrimoine tournusien et profiter de sa gastronomie me paraît aberrant. De plus, je défends la transition écologique, les producteurs locaux et la conversion au bio, donc la sauvegarde de nos bonnes terres agricoles. »

 

Chalon 1 & 3

Le collectif du Printemps Chalonnais (PCF71, LFI 71, GRS 71) Anne JOST et Hervé MAILLOT (Chalon 1) / Sandra GAUDILLÈRE et Ivan MARÉCHAL (Chalon 3)

« Nous ne sommes pas favorables au projet Éclat, car il est emblématique d’un modèle non durable.

Nous engagerions des fonds publics dans le soutien d’un projet touristique qui valoriserait les ressources existantes. Nous concevons un tourisme social, écologique conçu et géré selon des principes démocratiques. »

 

Chalon 1

Liste LREM (Sylvain DUMAS et Sadia EL HAYANI)

« Si nous sommes élus nous nous engageons à étudier ce dossier sans dogme avant de nous positionner par vote. En effet, n’appartenant ni au groupe de la majorité sortante, ni au groupe de l’opposition sortante, nous n’avons pas accès à l’ensemble du dossier sur ce projet à ce jour. Nous n’avons connaissance que du dossier de presse.

Dans ces conditions, il serait malhonnête et bien peu professionnel de notre part de vous indiquer quel sera notre vote.

Ce projet pose la question de l’artificialisation de terres agricoles mais il donne aussi des garanties environnementales. C’est pourquoi il mérite une étude sérieuse et approfondie.

Dans tous les cas, il nous paraît primordial que ce projet avance en toute transparence et en partenariat avec les riverains, les élus, et les associations concernées. »

 

Chalon 2

Liste Ensemble pour un département écologique et social (Christine LAOUES, Sébastien LAGOUTTE, (candidats titulaires), Isabelle GANDON et Arnaud BARRAS (candidats remplaçants) :

« Nous nous sommes déjà prononcés contre ce projet "éclat". En effet, ce projet est une aberration écologique, mais aussi une grave atteinte à notre patrimoine si riche et au travail de toutes celles et ceux qui œuvrent à sa préservation, à son entretien et à sa valorisation. Il nous semble évident que l'argent mis dans un tel projet serait bien mieux employé à rénover et à promouvoir notre patrimoine culturel, architectural, et naturel, et en particulier celui de Tournus puisque c'est d'abord à elle que s'adresse ce projet aussi inutile que coûteux.

Si nous sommes élus, nous n'engagerons pas de fonds public dans ce projet qui ne présente aucun caractère d'utilité publique et artificialiserait une bonne terre agricole.

Enfin, nous pouvons tous constater que de tels projets sont souvent largement déficitaires, voir abandonnés au bout de quelques années (cf l'archéodrome de Beaune). Le tourisme est à la recherche d'authentique, pas de copie en carton pâte de ce que le patrimoine a à lui offrir. »

 

Hurigny

Liste EELV, GRS, PCF (Catherine BOULEY, Patrick MONIN)

Voici notre position en tant que candidats aux élections départementales sur le canton d'Hurigny :

1) La loi ALLUR a été votée le 20 février 2014. Cette loi comporte des dispositions visant à protéger les terres agricoles en réduisant leur artificialisation et en densifiant les zones urbanisées ce que nous partageons pleinement puisque nous souhaitons favoriser la plus grande autonomie alimentaire possible sur notre territoire.

La conservation des terres cultivées et des cultures bios en particulier est pour nous essentielle ainsi que la protection de la biodiversité

2) La cour des comptes européenne a démontré que les partenariats public/privé bénéficiaient essentiellement au privé mais n'apportent rien au secteur public quel que soient les fonds engagés.

« Ce rapport spécial, rendu public le 20 mars 2018, considère en effet que le recours aux PPP dans l’Union européenne est entaché de multiples insuffisances et présente, au final, des avantages limités.»

3) Sur la question du tourisme, le projet éclat ne profitera sans doute pas aux acteurs actuels du tourisme, les parcs d’attraction proposant hébergement et restauration. Mr Badet, initiateur privé du projet utilisera sans doute ses propres structures hôtelières. Notre projet est de mettre en réseau les sites touristiques de Saône et Loire afin de valoriser le patrimoine existant sur notre territoire qui est extrêmement riche notamment en développant le « tourisme intuitif » par l'utilisation de QR code sur les sites et monuments permettant la création de parcours individuels.

4) Il est étrange qu’aucun dossier concernant ce projet n’ait été fourni aux élus de la communauté du mâconnais tournugeois au moins pour information. D’autant que le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal a été retardé à la demande du département. Un tel projet mériterait une plus grande transparence.

 

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