Le directeur de cabinet du préfet est arrivé à Touroparc jeudi en début d'après-midi, accompagné des gendarmes de la compagnie de Mâcon, de la brigade territoriale de La Chapelle-de-Guinchay, et du PSIG. But de la visite : un contrôle pédagogique des pass sanitaires. À lire aussi, la réaction de Thomas Gervais, directeur du parc zoologique.

 

« Aujourd’hui, c’était un contrôle pédagogique, nous avons contrôlé le passe sanitaire et les identités, a expliqué la commandante Jessica Martin. Nous avons fait une trentaine de contrôles aléatoires et constatons que tout le monde joue le jeu. Notre but n’est pas de braquer les gens mais de bien leur faire comprendre que l’on applique les mesures gouvernementales.
Que le public se rassure, quand on scanne le passe sanitaire, rien ne reste en mémoire. On ne peut pas prendre de photos, on ne peut pas filmer. C’est juste une lecture. »

« On va contrôler les établissements recevant du public toutes les semaines » a prévenu le directeur de cabinet du préfet François-Xavier Richard. Après la phase pédagogique, la semaine prochaine nous passons en mode répressif.
Pour l’instant, le pass sanitaire ne s’applique pas aux enfants mais aux personnes de plus de 18 ans. Nous vérifions que le certificat de vaccination correspond au nom qu’il y a sur la carte d’identité, car l’exploitant n’a pas le droit de contrôler les pièces d’identités. Il ne peut contrôler que le pass sanitaire. Seules les forces de l’ordre peuvent contrôler les identités. »

 

Pour Thomas Gervais, directeur du site, le moral est mis à rude épreuve depuis un an. Il l'a fait savoir tout en rappelant qu'il se soumet, quand bien même elles sont très éprouvantes, aux directives gouvernementales.

« D’abord un rappel. Nous avons subi une première fermeture de mars à mi-juin 2020, suivi d’un été stressant, au cours duquel nous n’avons pas fait le plein. Ensuite, nous avons fermé à nouveau le 30 octobre et réouvert le 11 juin. Plus de 7 mois de fermeture ! Cela a été terrible. D’abord économiquement, car nous avons plus de 150 000 euros de charges par mois. On a été aidé par l’Etat qui a couvert une partie des pertes. Mais il a fallu s’endetter pour passer une partie de l’hiver. Aujourd’hui, nous n’avons pas des affluences « normale » à cette époque de l’année. Entre la météo et l’instauration du passe sanitaire, c’est compliqué. Mes salariés et moi-même sommes déjà épuisés, fatigués d’avoir différents « son de cloche » sur le sujet. Ce jour, on essuie les plâtres. Je trouve cela dommage d’avoir à faire cela, en plus avec une semaine d’anticipation, sachant que nous avons les plus gros flux par rapport à tous. Il a fallut mobiliser toute les équipes. Heureusement, elles ont joué le jeu et je les en remercie activement.

J’ai du personnel qui a réfléchi avant de revenir travailler dans ce secteur, quelques personnes ont complètement changé de métier. Cela a été vraiment compliqué, difficile à vivre, je comprends leur état d’esprit, je les ai accompagnés autant que j’ai pour leur reconversion. Ces personnes ne voulaient plus subir le stress de savoir s’il y aurait assez de monde pour pouvoir vivre l’hiver.

A Touroparc, il y a 34 permanents, et nous sommes au maximum en haute saison avec 70 salariés, dont 36 saisonniers. Les 36 saisonniers en plus, c’est pour accueillir nos visiteurs dans les meilleurs conditions, un certains nombres de visiteurs dans le parc… Hélas aujourd’hui, nous n’avons pas ces visiteurs-là. Pour le moment j’ai du personnel supplémentaire que j’ai basculé au contrôle du passe sanitaire. Demain, si nous n’avons pas l’affluence normale, je ne sais pas quoi faire de mon personnel saisonnier.

Nous sommes bien placés pour voir qu’il y a une scission en France entre les vaccinés et les non vaccinées, entre anti-vax, anti-pass et certains autres. Nous en subissons les premiers les effets sur nos réseaux sociaux. Les messages de haine et de vengeances se font sur les réseaux.

Pour ce qui me concerne, j’applique la loi, les directives qui me sont données et rien que cela. Même si on me dit que la loi n’est pas passée, il y a un décret d’application et nous sommes dans l’obligation de le respecter.

Les personnes qui attendent leurs deuxièmes doses ne peuvent pas malheureusement être admis au parc. Ce qui est un crève-cœur pour moi, dans le contexte économique où nous sommes, de devoir refuser ces visiteurs, de les voir partir très régulièrement en colère. Je me dis en plus que je perds ces visiteurs sur les années à venir. Cela ne représente heureusement que 5% des visiteurs. Certains ont une mauvaise information ; d’autres ont oublié leurs documents ou n’ont pas attendu le délai de 7 jours, que beaucoup de gens ignorent. »

 

Recueillis par Nathalie Brunet