mercredi 20 octobre 2021

 

« Si les voisins n’appellent pas la police, ça se termine comment votre histoire ? » demande la juge. Récit d’une scène de barbarie samedi dernier à Mâcon, pour laquelle l’auteur a été jugé ce lundi après-midi.

 

Il est à peine 18h30 quand la police est appelée par une voisine qui entend des hurlements de femme et des pleurs de tout jeune enfant. La voisine indique le 4ème étage mais rien, pas de bruit… Les policiers continuent de chercher, redescendent au 3ème, puis remontent. Des pleurs d’enfant à nouveau leur mettent la puce à l’oreille. Ils vont frapper à la porte. Un homme leur ouvre, il veut partir.

Puis une jeune femme le visage ensanglanté se présente. Plus de doute, c’est bien ici que ça vient de se passer.

Ousseni H., insiste pour partir, s’énerve et les menace de mort. Les policiers sont obligés de le bloquer et de lui passer les menottes. La jeune femme est emmenée à l’hôpital par les pompiers. Son état nécessitera 1h30 d’intervention pour des points de suture à la joue… il l’a violemment mordue !

 

« Un comportement d’animal » décrit maître Charret pour la partie civile, offusquée. « Ça n’a pas été retenu, mais il est allé jusqu’à chercher sa culotte dans la corbeille de linge pour la sentir !… Il a mis la lampe torche sur son téléphone pour regarder l’intimité de sa compagne et vérifier qu’il n’y avait pas de sperme. Je le dis pour que l’on se rende compte de la gravité, car je ne crois absolument pas que ma cliente ait pu inventer des choses pareilles. C’est monstrueux. » Tout cela parce qu’il lui reproche de l’avoir trompé avec son beau-frère, le mari de sa sœur.

 

La victime nie, et ça l’énerve encore plus. Il la gifle, lui tire les cheveux, l’amène au sol, la frappe à coups de poing et coups de pied dans la tête. Elle parvient à se relever et il la mord. « Plaie délabrante, décollement sous cutané, séquelles esthétiques » indique le certificat médical. Le médecin accorde seulement 5 jours d’ITT, à la stupéfaction générale. Sauf pour la défense. Maître Piard, ne mettant pas en question la gravité des faits, souligne néanmoins le fait qu’il n’y a aucune fracture d’aucune sorte.

Certes, mais il y a des circonstances aggravantes. Les coups ont été portés alors que la jeune femme, 18 ans – il en a 31 ans – avait leur fils de 1 an 1/2 dans les bras. Le petit a pris des gifles. Elles ne lui étaient pas destinées… Pour autant, il se retrouve avec une bosse sur la tête et des érythèmes à la joue et à l’oreille.

Trois munitions sont trouvées dans une commode. En revanche aucune arme.

Ousseni H. commet ses actes sous l’emprise de l’alcool (1g24).

 

Par ailleurs, il est récidiviste. Déjà condamné et emprisonné pour des faits de violence sur conjoint l’année dernière, il avait interdiction de paraître au domicile de sa compagne. Il portait un bracelet électronique qui ne s’est pas déclenché car, comble de la malchance pour la victime, il est assigné au domicile de sa soeur, qui vit en face, sur le même palier ! Sa compagne a déménager récemment, et il se revoit. Sous emprise, elle l’accepte.

 

Mais cette fois, le calvaire est bien terminé. Le fou furieux est hors d’état de nuire pour 3 ans. Placé en garde à vue et jugé en comparution immédiate, il a pris 4 ans de prison dont 1 an avec sursis probatoire d’une durée de 3 ans. Le tribunal a ordonné le mandat de dépôt.

À la demande du parquet, l’autorité parentale lui est retirée. La partie civile obtient un renvoi sur intérêt civil le 6 octobre et une expertise pour évaluer le préjudice subi.

La victime est toujours à l’hôpital et ne souhaitait pas être présente à l’audience. Bien compréhensible.

 

Rodolphe Bretin

 

 

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