Lundi soir en clôture du Conseil municipal, l'opposition a proposé au conseil d'adopter un vœu portant sur la crise climatique et intitulé « Répondre ensemble à l'urgence environnementale ». D'accord sur le fond, la majorité l'a néanmoins rejeté pour le principe.

 

 

Record de température cet été en Europe avec 48,8°C à l'ombre en Sicile, incendies gigantesques dans le Var et le Vaucluse, ainsi qu'en Algérie, en Grèce, en Turquie et en Californie, inondations monstres en Allemagne et en Belgique, fonte des glaces sans précédent en Arctique... Bref, « notre maison brûle » disait Jacques Chirac, cité par Catherine Carle-Viguier, chargée de répondre au vœu.

 

Après un exposé des motifs mentionnant notamment les derniers rapports du GIEC et de l'IPBES sur la destruction de la biodiversité, le vœu, dont lecture a été faite par le conseiller municipal écologiste Grabriel Siméon, invite le Conseil à en appeler « à la mobilisation générale de tous les acteurs publics, économiques et de la société civile qui font la ville de Mâcon, afin de répondre ensemble à l’urgence environnementale. »

Et de conclure ainsi : « Pour cela, la ville de Mâcon s’engage à :

Atteindre la neutralité carbone sur son territoire le plus rapidement possible ;
Organiser dans les meilleurs délais un dialogue structuré entre tous les acteurs du territoire pour identifier les actions complémentaires qui pourraient être engagées ;
Étudier et mettre en œuvre un accompagnement adapté des personnes et acteurs économiques vulnérables ou impactés par la transition écologique ;

Étudier et mettre en œuvre des moyens d’adaptation et de résilience face aux impacts de la crise environnementale ;
Informer et mobiliser les habitants sur les différents aspects de la crise environnementale ;
Intégrer l’urgence environnementale dans toutes ses politiques publiques ;
Tenir compte de l’impact sur le climat ainsi que de la durabilité environnementale, sociale et économique de toutes ses activités et, chaque fois que possible, donner la priorité aux entreprises qui atténuent le changement climatique et ses conséquences ;
Assurer un suivi des actions engagées. »

 

 

« Votre vœu est un soutien de fait à notre politique, mais... »

 

« Nous partageons tout cela » a entamé Catherine Carle-Viguier au moment de répondre. Et de poursuivre : « Précisons que la France n'est responsable que de 0,9 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Au plan national, le mixe énergétique que pratique la France en conservant le nucléaire lui permet d'être parmi les pays les plus efficaces dans la lutte contre le réchauffement climatique.  

Ceci étant dit, tout ce vous proposez est conforme à ce que l'on fait. Baisse de l'intensité de l'éclairage public, zéro pesticides, eau de forage pour arroser, tri des déchets, matériel électrique, chauffage urbain écologique etc. Votre vœu est donc un soutien de fait à notre politique et nous vous en remercions. Mais la période électorale qui s'ouvre fait que l'adoption de votre vœu pourrait être perçu comme un soutien à tel ou tel candidat, ce que nous ne souhaitons pas. »

 

Le vœu sera donc rejeté.

R.B.