Un Mâconnais de 39 ans comparaissait lundi pour des faits de violences envers son père, en fauteuil roulant…

Samedi en fin de journée, les policiers sont appelés par un habitant de Mâcon. L’homme âgé et en fauteuil roulant explique avoir reçu des coups de pied de son fils, débarqué à l’improviste à son domicile. Lorsque les policiers arrivent, l'individu est déjà parti… La victime, elle, est prête à déposer plainte dès le lendemain. Mais quelques plus tard, vers 22 h, son fils revient pour en découdre… Quand la police arrive cette fois, elle découvre le suspect ceinturé au sol par trois hommes. Les policiers procèdent à son interpellation et le place en garde à vue.

Au commissariat, il insulte en continue les forces de l’ordre, crache, urine dans sa cellule, et blesse même l’un d’entre eux en poussant la porte de la cellule sur lui.

Le lendemain, lorsque le père vient déposer plainte au commissariat, il explique les difficultés rencontrées avec son fils depuis des mois et revient sur les faits. « J’ai peur de lui. Il passe chez moi pour réclamer de l’argent et payer sa consommation de cannabis. S’il est relâché, je devrais quitter Mâcon », explique-t-il. Sur les événements de la soirée, il réaffirme les coups de pied et affirme qu’il s’est blessé au doigt avec le couteau qu’il garde sur lui pour se protéger de son fils.

Présenté en comparution immédiate au tribunal de Mâcon ce lundi, l’individu, âgé de 39 ans, sans domicile, sans travail, accro au cannabis (6-7 joints par jour) explique qu’il était juste venu pour manger « juste me faire une omelette. Et quand il est entré dans la cuisine, il m’a demandé de partir. Il a pris son téléphone pour appeler les flics, oui j’ai donné un coup de pied dedans. C’est la première fois que ça arrive. Je regrette ce coup, mais pas celui sur la lame ! Il voulait me planter. Il dit qu’il a peur de moi, mais c’est pas vrai. Il veut juste profiter de ma mère et de l’argent, mais il me donne rien… »

 

Une individu « impulsif, intolérant à la frustration, impatient »

« Nous n’aimez surtout pas que l’on vous dise non », lui répond le juge. Ce que le rapport du psychiatre confirme d’ailleurs. L’individu est en effet considéré comme « impulsif, intolérant à la frustration, impatient avec risque important de réitération ce comportements violents. »

Pour le Ministère, « on a à faire à une personne particulièrement violente, avec des troubles de la personnalité, qui n’arrive pas à se prendre en main. Il se positionne comme un enfant, n’arrive pas à être indépendant et s’en prend à son père handicapé et âgé. Mais remettez vous en cause, soignez-vous et prenez-vous en main ! Vous ne pouvez pas continuellement rejeter toutes les responsabilités sur vos parents ! »

Déjà condamné à plusieurs reprises pour détention et usage de stupéfiants, et violences, Mourad M. a été condamné à dix huit mois de prison, dont neuf mois de prison ferme. Incarcéré immédiatement, il a en outre l’interdiction de rentrer en contact avec son père et d’aller à son domicile, et l’obligation de se soigner. Les quatre policiers victimes d’injures et de violences, qui s’étaient constitués partie civile, recevront chacun 150 € de dommages et intérêts.

D. C.