En octobre 2019, il y a deux ans, nous relations dans nos colonnes le travail effectué sur les anciens élèves du lycée Lamartine morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale par leurs actuels « camarades » plus d’un centenaire après.

Il faut dire que le mur du souvenir à eux consacrés, imposant par sa taille, sa fresque murale et ses plaques commémoratives non moins imposantes en a vu passer des élèves depuis sa création. Combien de jeunes élèves d’aujourd’hui se seront arrêtés, auront, si ce n’est quelques secondes, réfléchi sur la portée de cette œuvre aux morts des deux guerres mondiales.

« La plupart des élèves passent devant ce monument aux morts sans trop se poser de questions, », nous confiait alors Bernard Poirié, proviseur du Lycée. Dernièrement, début novembre, une cérémonie était organisée en la mémoire de ces hommes morts aux combats.

Il y a peu d'établissements scolaires qui ont dans leur enceinte un monument aux morts et cela nous rappelle que le lycée Lamartine a une histoire, qu'il faut la faire vivre. C'est pour moi un devoir moral, mais aussi une fierté

Bernard Poirié, proviseur

 

« Pour ce travail entrepris, d’abord ils prennent conscience qu’il y a énormément de noms sur cette liste et, ensuite, avec le travail sur chaque nom, ils comprennent mieux le contexte de la guerre. Se pencher sur le passé est toujours bon pour l’avenir », continuait-il.

 

Aujourd’hui est venu le temps de la présentation du travail accompli devant le préfet de Saône-et-Loire, Julien Charles, Thomas Brugger, directeur départemental de Saône-et-Loire de l’ONACVG (Office National des Anciens Combattant et victimes de Guerre) et de Bernard Poirié, proviseur du lycée.

Deux années auront passé depuis le commencement de ce travail, deux années marquées par la COVID, perturbant le calendrier prévu et les actions entrevues. Elèves de terminal partis depuis, élèves de seconde d’alors se trouvant aujourd’hui en dernière année, un chamboulement qui n’aura pas ébranlé la détermination du professeur à l’initiative de ce projet pédagogique, Rodolphe Marie, professeur d'histoire géographie et d'éducation morale et civique et de ses élèves.

 

« Aller à Verdun tous ensemble ! »

Résultats admirables que ces tableaux réalisés, des heures de recherches aux archives départementales, recherche sur l'ensemble des noms inscrits sur le monument de la Première Guerre mondiale qui a permis de retracer l'histoire de chacun, d'établir une fiche d'identification et de repérer sur une carte de France le lieu exact de leur décès. Les travaux des élèves sont d'ailleurs exposés au centre de documentation et d'information (CDI) de l'établissement.

Et la volonté d’aller plus loin est loin d’être retombée, la motivation encore là et bien là si la pandémie actuelle ne vient pas de nouveau perturber l’agenda scolaire.

« Aller à Verdun tous ensemble ! » nous confieront professeur et élèves, peut-être essayer de contacter les familles des soldats pour les informer des recherches et résultats trouvés.

Des élèves comblés par cette visite officielle, élèves qui, pour certains, sont à la réalisation d’un journal du Lycée, journal web-vidéo et écrit, le « LAM’Art » qui aura de quoi diffuser et publier avec une interview exclusive du préfet assuré par Amira, véritable journaliste du jour présent.

« Travail de groupe, plusieurs classes en même temps … Un travail d’équipe avec Monsieur Marie, c’est grâce à lui qu’on a réussi ce travail… Au début, je n’aimais pas l’histoire et petit à petit j’ai été motivée par ces recherches », nous dira-t-elle.

Née aux Pays-Bas, d’origine belge et aujourd’hui en France élève au lycée Lamartine, Eefje a aussi été conquise par ce travail de recherche, motivée à fond pas un professeur extraordinaire qui, avant d’être nommé sur Mâcon, aura été en place à Cuisery et Tournus notamment.

161 noms gravés, 161 morts pour la France qui avaient alors 19, 20 ans. Certains possèdent une sépulture, civile ou militaire, d’autres à jamais disparus surtout ceux des deux premières années 14 et 15.

Travail de mémoire, travail à transmettre aux générations futures par volonté de ne pas voir les horreurs du XXe siècle se répéter, un « Plus jamais ça » que chacun espère ne jamais être vain dans un monde actuel bien incertain au niveau géopolitique.

MsP

 

Photographies © Michel Pelletier