Plaidoirie pour le respect de la souveraineté du peuple français.

 

Trouillomètre à zéro, perdant toute distance et esprit critique qui pourtant devraient en être les principes premiers, une bonne partie de la presse nationale se déchaîne contre Marine Le Pen.

Et comme c'était prévisible, la plupart des ex-candidats.tes et leurs partis politiques appellent à voter pour faire barrage à l'extrême droite. Quelques artistes et sportifs de haut niveau aux valeurs à géométrie variable s'y sont mis (on ne les a hélas pas entendus sur le pass-vaccinal).

 

On n'avait pas connu cela en 2017. Pourquoi ? Le candidat Macron sortait du chapeau, annonçant vouloir faire table rase des vieilles habitudes et des vieilles querelles politiciennes. Il avait pour lui de venir d'un gouvernement dit socialiste, d'être très jeune et beau parleur. Face à ce chevalier blanc de la politique, ex-banquier d'affaires, Marine Le Pen s'était vautrée lors du débat télévisuel d'entre deux tours. Quand bien même elle aurait tenu la dragée haute au candidat LREM, ex-ministre de l'Economie, l'affaire était pliée dès les résultats du premier tour, comme en 2002.

 

Cinq ans après, ce n'est plus du tout la même histoire. Affaire Bennalla, Gilets jaunes, grève historique dans les services d'urgence en 2019, manifestations monstres contre la réforme des retraites, covid, et pour finir, scandale Mc Kinsey...

Sur le plan démocratique, aucune avancée significative pour le peuple français. Pire, l'instauration d'un pass-sanitaire malgré des manifestations d'ampleur en plein été, puis celle du pass-vaccinal. Autrement dit, l'instauration d'un apartheid vaccinal. Interdiction pour la population non vaccinée et en bonne santé (jeunesse comprise bien malheureusement) de se rendre à l'entrainement, à une compétition ou dans un établissement culturel ! Si Marine Le Pen avait été présidente et avait fait ça, la presse bien pensante et les politiques auraient hurlé au loup, à juste titre.

 

Rappelons les propos du chef de l'Etat fin avril 2021 : « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d'accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours, comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. »

À la mi-juillet, il entrait en vigueur...

Quelques mois avant, fin octobre 2020, le chef de l'Etat soutenait que, « quoi que nous fassions, près de 9 000 patients seront en réanimation à la mi-novembre, soit la quasi totalité des capacités françaises. » Ils n'ont pas été 5 000, selon Santé publique France !...

 

Suite au mouvement des Gilets jaunes, Emmanuel Macron proposait qu'une pétition qui recueillerait un million de signatures pourrait se voir ouvrir la voie du référendum d’initiative partagée.

Une pétition contre le pass-vaccinal a recueilli 1,2 millions de signatures et... rien !

 

Où est donc passée la Constitution française dans cet exercice du pouvoir ? Texte suprême dont il faut rappeler inlassablement les termes :

Extrait du titre premier – De la souveraineté – article 2 : « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

Extrait de l'article 3 : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »

 

Pour sauver les entreprises, il y a toujours quelqu'un, et c'est heureux. En revanche, pour sauver la démocratie, respecter la souveraineté des citoyens et des citoyennes, il y a bien longtemps qu'il n'y a plus personne. La souveraineté du peuple est morte avec le Général De Gaulle, accusé lui-même par son plus farouche adversaire de l'époque, François Mitterrand, brandissant son Coup d'État permanent listant les dérives autoritaires auxquelles pourraient bien se livrer le Libérateur, d'être un potentiel dictateur. On connait la suite.

Sur l'Europe, n'oublions pas que le traité de Maastricht passait d'un cheveu en 1992 grâce à une manipulation médiatique de Mitterrand devenue célèbre ; Le TCE était refusé par les Français en 2005, malgré un président de la République défendant le "Oui" et une presse globalement archi-favorable.

 

Où sont les démocrates ? Voilà bien la question qui se pose aujourd'hui avec gravité.

Pointons-là la responsabilité historique de certains candidats, en tout premier lieu celle du communiste Eric Roussel, mais également celle de Yannick Jadot, d'Anne Hidalgo, de Philippe Poutou et de Nathalie Arthaud.

Il est des rendez-vous avec l'Histoire qu'il ne faut pas louper. Ceux-là l'ont loupé et portent l'entière responsabilité de la présence de Marine Le Pen au 2ème tour.

Après ça, ils se permettent de faire la leçon au peuple français en lui demandant d'aller voter pour faire barrage à l'extrême droite et sauver la démocratie. Bah voyons ! Il faudrait que le peuple assume lui ce qui est leur faute politique historique, leur responsabilité pleine et entière ?

Gardez vos consignes de vote et vos leçons de choses, aucune publication de ce genre ne sera faite sur macon-infos ! Respect du vote des électeurs, notamment des millions qui se sont portés sur Marine Le Pen, tel est le seul et unique principe qui a guidé et guidera nos publications politiques dans cet entre deux tours jusqu'à vendredi minuit.

 

Marine Le Pen a tué le père dit-on en psychanalyse. Elle propose l'instauration du RIC (référendum d'initiative citoyenne) et de la proportionnelle aux élections législatives, la réintégration des soignants suspendus avec rattrapage de salaires.

Méfiance tout de même... elle a des casseroles aussi, et la parole présidentielle a perdu tant de valeur et de crédibilité depuis si (trop !) longtemps.

L'on peut au moins lui accorder le bénéfice du doute en se disant que la proportionnelle permettrait une coalition d'opposition de se former et de faire une majorité au mois de juin pour, au final, contrecarrer les dérives autoritaires.

 

Quoi qu'il en soit du résultat de dimanche, la France est fracturée comme jamais. Il n'y a qu'un responsable de cette situation : le chef de l'Etat. Peut-il devenir un démocrate bienveillant pour réparer ?

 

Il ne faut jamais désespérer des hommes et des femmes enseigne Victor Hugo dans Les Misérables, œuvre dans laquelle l'écrivain illustre le poids des croyances qui aveuglent : le voleur Jean Valjean devient un être admirable, un gentilhomme. Javert se suicide pour ne l'avoir jamais cru possible.

 

À chacun de faire son choix dimanche, en son âme et conscience.

 

Rodolphe Bretin