dimanche 16 février 2020
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Une cardiologue mâconnaise engagée dans l'ONG Médecins du monde (seule Française) revient de l'île greque de Lesbos, à côté de la Turquie, et témoigne de ce qu'elle y a vu sur la situation des migrants.

 

Le discours est humanitaire bien sûr, mais aussi politique pour cette femme qui est partie au Tchad, en Afrique du Sud, au Mozambic, au Rwanda, en Palestine et au Mali, dans tous ces pays qui ont connu les horreurs de la guerre. Discours politique, forcément, car la situation interpelle directement le politique : des guerres qui conduisent des milliers de personnes à fuir pour chercher asil politique, et des traitements de ces populations différents. « Guerre, harcèlement politique, menace permanente pour des gens qui ont vu parfois leur famille entière mourir sous leurs yeux. Ces gens fuient l'horreur, la peur et la mort. (…) Et la France qui a perdu ses valeurs. Elle ne fait plus beaucoup rêver, les migrants demandent d'abord à rejoindre l'Allemagne et les pays scandinaves, la Hollande. »

Plus qu'un sentiment, c'est du vu et du vécu que cette cardiologue mâconnaise nous rapporte de cette île greque toute proche de la Turquie où tous les migrants convergent pour se rendre en Europe du Nord. Île où elle vient de passer 5 semaines en action humanitaire avec Médecins de Monde auprès des migrants qui affluent massivement de Syrie, d'Afghanistan, de Somalie et du Mali. « Ils fuient la guerre. Ils n'ont plus rien, leur vie se résume au seul sac à dos qu'ils prennent pour partir. »

Discours politique, comment pourrait-il en être autrement ?... « un autre monde est possible ! L'accueil est une richesse » revendique-t-elle en insistant sur le rôle majeur du maire de Mytilene, commune de l'île de Lesbos, maire qui a travaillé sur les conditions d'accueil des migrants. « A Mytilene, un ancien terrain d'auto-école a été réquisitionné pour eux, où ont été installés douches et sanitaires. Le maire fait un travail exemplaire en mobilisant les bus, l'hôpital, et même la population, qui nourrit les migrants. »

« Oui, l'accueil est une richesse pour ces gens qui n'ont pas le choix. Nous ne l'avons pas non plus si nous suivons nos valeurs. »

 

Pas tous logés à la même enseigne

 

Et d'alerter également sur la situation des non-Syriens : « Le gouvernement grec aide en priorité les Syriens, qui sont de culture proche de la notre. Ces gens avaient souvent de bonnes situations professionnelles, sont des intellectuels, ont plus d'argent que les autres. Mais attention à la discrimination. Les conditions de migration des non-Syriens sont différentes. Ils restent plus longtemps sur des terrains plus loin de la ville de Mytilene, plus loin des centres commerciaux, et obtiennent des papiers en 15 jours ou 3 semaines quand les Syriens les obtiennent en 48h. »

Une différence de traitement qui inquiète Brigitte Maitre : « On ne peut pas discrimer les gens comme ça dans de telles situations. Heureusement que la population de Mytilene est solidaire. 1 000 repas par jour sont servis grâce à elle sur les centres de Kara Tepe et Moria. Mais beacoup de non-Syriens se trouvent à 12km de la ville et n'ont qu'un repas par jour. Ils ne disposent que de 15 douches et 10 toilettes pour 3 000 personnes  Ils subissent l'humiliation de la saleté et agravent leur handicap. »

 

Une situation inédite en Grêce

 

L'ensemble des migrants dispose en effet de 4 lieux d'accueil : deux camps (Kara tepe et Moria), le stade et le port. Seul le port n'a pas été aménagé, pour permettre la navigation. Pour autant, près de 5 000 Syriens affluent en ce moment. « Ça déborde » alerte la cardiologue. « D'autant plus que ce sont 20 000 réfugiés qui s'installent au port de Lesbos, une île qui compte 85 000 habitants. Vous imagez ce que doivent gérer les élus... quand je suis arrivée au début, début août, c'était 1 500 à 2 000 personnes par jour qui affluaient. Début septembre, ce sont 4 000 perosnnes par jour quand je suis partie de là bas ! C'est inédit sur les îles greques. La solution est de faciliter la migration en la rendant légale, accorder les mêmes droits à tous, et éradiquer les guerres. On peut tous être migrant un jour ! »

 

Un prix de traversée scandaleux

 

Il ne fait pas bon être migrant dans ce bas monde, c'est bien le moins que l'on puisse dire. Encore moins non-Syriens, on vient de le voir. Un chiffre éveille la colère (chiffre communiqué par Brigitte Maitre) : 1 200€ pour traverser la mer et rejoindre l'Europe du Nord. En soi, le chiffre ne dit rien. Mais quand la cardiologue de Médecin du monde développe, l'on comprend l'ignominie : « En temps normal, pour un non-migrant, la travervée, c'est 30€. Les passeurs profitent de la situation. » Scandale ? Brigitte Maitre relativise : « Les passeurs sont la conséquence de l'installabilité qui règne en Syrie. Ce qu'il faut, c'est éradiquer les guerres. » Idéaliste.

 

Des pathologies en nombre

 

Côtés pathologies, les Médecins de l'ONG sur place (ils sont 4, avec 3 infirmiers et 3 interprètes) sont servis : blessures de guerre, plaies infectées, éclats d'obus, la cardiologue a vu aussi une famille victime d'armes chimiques, brûlures du soleil, marche sur les oursins, rupture de soins pour les malades du coeur, déhydratation, mauvaise hygiène etc. A tout cela, il faut faire face, avec les moyens du bord, sauver des vies autant que possible.

L'appel est lancé aux associations mâconnaises pour envoyer du matériel qui améliorera les conditions de vie des ces milliers de migrants.

 

Rodolphe Bretin

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