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La question a été posée lors d'une rencontre organisée jeudi par le pôle Petite Enfance de la CAMVAL à l’occasion de la journée nationale de l’assistance maternelle.

Les enseignants, les assistantes maternelles et les instituteurs de Mâcon se sont réunis pour discuter des défis que pose l’enseignement actuel des jeunes enfants.

Emeline Bojon, éducatrice dans une des grandes crèches de Mâcon, spécialisée dans la méthode Montessori et auteur d’un livre sur les activités pédagogiques des petits enfants a été invitée à cette réunion. Son message était de reprendre en considération le travail avec l’enfant : « Il n’y a jamais des choses nouvelles, il y a des choses qu’on oublie. Et moi je suis là pour rappeler de revenir à l’essentiel, parce que nous sommes rentrés dans une logique où il faut toujours faire plus avec les enfants. Mais à un moment donné nous devons nous demander pourquoi.

L’essentiel est de prendre l’enfant en compte là où il est, dans son développement et pas forcément par rapport à l’âge qu’il a. Ne pas imposer une activité mais la proposer, inciter, être vraiment dans le respect de l’enfant, de son développement et de son tempérament, de son caractère. »

Emeline Bojon considère que l’enseignement risque de faire plus de mal en essayant de faire du bien : « Pendant très longtemps, beaucoup de connaissances ont été apportées qui incitent à faire plein de choses avec les enfants. Donc on en a fait beaucoup : des activités manuelles, la peinture, la gymnastique etc. et on a perdu un petit peu l’essence du pourquoi on fait ça.

Il y a une pression de la société, des parents qui demandent que les enfants fassent des choses très tôt, qu’ils soient en avance et on est en train de se rendre compte qu’on se trompe. Parce que les enfants font des choses en avance, cela ne va pas dire qu’ils seront en avance plus tard. Et brûler les étapes pourra provoquer l’effet inverse.

L’école est en train de s'en rendre compte. Moi, je parle avec des institutrices de maternelles, de CP, de primaires et elles me dissent qu’on va trop vite. En CP, les enfants ont du mal à écrire par ce qu’ils ne l’ont pas inscrit dans le schéma corporel de leur corps, on ne leurs a pas laissé le temps. Donc c’est un rythme à respecter. »

Une vision qui souligne le besoin de partager des expériences, des méthodes et que les participants au débat ont bien apprécié, comme l’a souligné Michelle Jugnet, vice-présidente de la CAMVAL en charge de la petite enfance.

Ce type de réunion est organisé chaque année par la CAMVAL et le Relais d’assistants maternels à la veille de la Journée mondiale des droits de l’enfant.

Cristian Todea

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Emeline Bojon, éducatrice à Mâcon

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Michelle Jugnet, vice-présidente de la CAMVAL en charge de la petite enfance

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