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Le prévenu est absent, son avocat aussi. Le déroulé des faits ne rendra pas l’accusé sympathique, bien que sa situation sociale laisse imaginer les difficultés dans lesquelles il se débat.

 

Mohamed R., né en 1970 au Maroc, est domicilié rue de Lyon à l’association Le Pont. Sans logement, imagine-t-on, puisqu’il va aller s’incruster chez Yves C., 20 ans de plus, et visiblement une situation sociale et matérielle bien chiche.

Début janvier 2014 Mohamed R. va donc dormir chez Yves. Il arrive avec son chien, et s’installera progressivement jusqu’à y vivre complètement, et à se comporter en tyran. En tyran violent, faut-il le préciser ? Pendant un an Yves subit des coups et des menaces de mort. Menaces accompagnées non seulement du geste, mais d’une arme : un couteau sous la gorge, par exemple. Mohamed doit les aimer, les couteaux : les policiers en saisiront un certain nombre, dont un poignard avec une lame de 17 cm, des sabres, mais aussi la réplique d’un pistolet, et des charges propulsives.

 

Yves est dans son propre logement avec un parasite devenu dangereux et effrayant, qui lui dit qu’il est « sur son territoire » et donc chez lui, et qu’il lui « coupera la tête » (c’est dans l’air du temps) s’il n’obtempère pas pour sortir son chien, de jour comme de nuit, ou ramassant une gifle parce qu’il ne lui avait pas versé d’eau dans sa gamelle, par exemple.

Caractériel, Mohamed. La police interviendra 3 fois durant l’année 2014, pour lui faire quitter les lieux. A chaque fois il revient. Et puis le 8 décembre, Yves porte enfin plainte, et le 10, il fait un complément de plainte et la police procède à l’interpellation. Mohamed reconnaîtra posséder les armes, et avoir donné « une gifle », une fois, parce qu’Yves avait « tiré sur la laisse du chien un peu fort ». Or le 5 janvier, il se présente à nouveau au domicile d’Yves, justement pour récupérer son animal. Or Yves l’a confié à la SPA… Mohamed lui dévisse la tête d’un aller-retour, en le menaçant de « lui crever les yeux » : un certificat médical décrira les hématomes et des lésions, les choses sont claires.

 

La victime fera sourire la salle en demandant 20 000 € de dommages et intérêts. Somme hors mesure par rapport aux pratiques, et évidemment sans mesure non plus avec la situation matérielle de son envahisseur sadique et excessivement brutal. Il en obtient 2 000. Mohamed R., qui a déjà 9 condamnations à son actif, est condamné à 6 mois de prison ferme. Le jugement lui sera signifié, rue de Lyon, à l’adresse de l’association Le Pont.

 

Florence Saint-Arroman