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On ne voudrait pas casser la baraque : fêter sa mère, somme toute, peut être un moment gentil et joyeux. On dit juste ce que tout le monde sait : cela ne va pas de soi.

 

La fête des mères est ancestrale, dans l'esprit. Qu'il s'agisse de la femme qui vous a donné le jour, ou de Gaïa, la mère la Terre, on a tous à saluer celle sans qui nous ne serions pas « au monde ».

 

Mais cette fête, institutionnalisée en France sous l'impulsion du Maréchal Pétain, pour soutenir une politique nataliste dans un premier temps, puis pour nourrir « Travail, famille, patrie », et dont la propagande porte sa propre morale: « Mamans, la femme coquette, sans enfants n'a pas de place dans la cité, c'est une inutile. La mère de famille y a son rôle parce qu'elle est compétente, c'est sur leurs genoux que se forme ce qu'il y a de plus excellent dans le monde, un honnête homme », cette fête qui se prépare dans toutes les écoles de France, néglige tous ceux qui :

ont perdu leur mère, et se retrouvent avec un cadeau sur les bras, le cœur en berne,

ont à la maison une maman qui n'est ni douce ni aimante,

ont une mère absente,

ont des parents maltraitants,

ont une maman méprisée par le père,

n'aiment pas leur mère

...vivent une situation compliquée et se trouvent coupés en deux en ce jour où d'autres fêteront sans trop d'états d'âme, voire avec la joie réelle de marquer le coup, leur « jolie-gentille-maman-qui sent bon », même si ce n'est pas tout à fait vrai, et tant mieux.

 

Françoise Dolto soulignait en son temps la perversion qu'il y a à imposer à des enfants d'exprimer quelque chose qu'ils ne ressentent pas forcément. L'idée chemine doucement depuis, et dans certaines classes, les professeurs des écoles ouvrent l'intention à « quelqu'un qu'on aime ».

 

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