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Le 12 juin 2015, sur proposition de la directrice régionale des affaires culturelles, le préfet de Région Eric Delzant à attribuer au quartier de Bioux et l’immeuble du Grand Collectif (9-11-13-15-17-19 rue Mozart) le label Patrimoine du XXe siècle.

Quartier et immeuble emblématiques de la ville de Mâcon, Bioux est aussi le symbole de la reconstruction d’après-guerre.

Karen Clivio-Fontany, directrice générale de MÂCONhabitat, et Claude Cannet, sa présidente, ont dévoilé la plaque ce vendredi.

 

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Le quartier

La composition d’ensemble est remarquable par le contraste entre une partie basse du quartier marquée par une faible densité du bâti, une continuité de l’espace vert, le tracé sinueux des voies et une partie haute caractérisée par une plus forte densité et une rationalité dans la disposition du bâti. Les infléchissements du programme ne remettront pas en cause ces principes et amèneront au contraire une heureuse diversité dans les formes urbaines.

 

La première étape comprend la réalisation des maisons individuelles isolées ou jumelées, alignées le long des voies principales et disposées de biais pour une meilleure organisation du jardin et une bonne exposition. Parallèlement sont construits les cinq grands immeubles collectifs perpendiculaires à la pente orientés est/ouest, distribués en contre-haut par la rue Alfred Lacroix et en contrebas par l’enfilade des porches qui constitue une originalité de l’opération. L’îlot rassemblant l’école et les commerces, bordé par une promenade surélevée rue Mozart, forme le centre du quartier.

L’opération se poursuivra par la réalisation de maisonnettes en bande, d’inspiration Arts and Crafts sur la rue Pierre Denave et une série de petits collectifs dans la partie basse.

Enfin le grand immeuble curviligne de la rue Mozart sera la dernière étape de réalisation. 

La qualité des matériaux, le confort et la fonctionnalité des appartements ainsi que le soin apporté à l’écriture architecturale restent constants par delà ces changements de conception.

 

Les archtectes

Lors de la création de la cité du Bioux, Daniel Petit est urbaniste de la ville ; il intervient à la fois comme représentant de la ville et comme concepteur. Il sera ensuite l’urbaniste des principales zones d’urbanisation de la ville de Mâcon mais également à Chalon-sur-Saône de la ZUPdes Prés-Saint-Jean. Comme architecte, il sera chargé en 1971 de la construction de la maison de la culture de Chalon-sur-Saône.

Daniel Petit, intervient également comme urbaniste de la ville. Il réalise plusieurs zones d’urbanisation importantes à Mâcon et à Chalon-sur-Saône où il dessine également dans les années 70 la maison de la culture.

 

Barnabé Augros, architecte de la ville, apparaît à ses côtés dans les grandes opérations de logement de la ville et il réalise de nombreux équipements parmi lesquels le Centre Nautique Paul Bert à Mâcon est sans doute sa plus belle réalisation. En association avec C. Fournier et Raoul Leguet, il réalise à Mâcon l’important ensemble Les Perrières II.

Diplômé de l’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 1934, il construira également de nombreux équipements parmi lesquels le Centre Nautique Paul Bert à Mâcon. Dans l’association avec Daniel Petit, il apparaît comme architecte d’opération aux côtés notamment de C. Fournier.

 

L’immeuble

À la charnière entre la première phase de la Reconstruction et la production des grands ensembles des années 60, l’oeuvre est l’héritière d’une histoire des savoir-faire urbains qui trouve ses racines dans les réalisations d’avant-guerre. Elle peut être considérée comme une application de la Charte d’Athènes sur plusieurs points, comme le choix de la construction en hauteur, permettant de réserver le sol aux espaces verts et aux équipements scolaires ou l’indépendance entre la voirie et le bâti. Mais il s’agit d’une application tempérée par le souci d’assurer un bon raccordement avec les parties déjà réalisées.

L’élancement des volumes met en valeur la verticalité qui est perçue comme une valeur de progrès. La composition de cet ensemble fait appel à des typologies et des formes urbaines variées, adaptées aux diverses situations. L’architecture emprunte à la ville historique des éléments éprouvés, porches, arcades ou auvents. Les conditions économiques et les savoir-faire permettent de faire appel à des solutions qui requièrent une main d’oeuvre compétente et abondante, comme la maçonnerie de pierre ou le béton moulé. Le résultat est une architecture dont la robustesse a assuré la pérennité.

Comme certains ensembles construits dans la durée comme Chatenay-Malabry (92) et contrairement aux grands ensembles réalisés d’un seul jet, la cité du Bioux témoigne d’une riche histoire dont l’immeuble de la rue Mozart représente un moment spécifique et complexe.

 

 

Trois autres édifices mâconnais ont été aussi reçu le label : La tour des Archives Départementales (réalisation d’H. Pallazi), le Centre Nautique P. Bert (Réalisation de B. Augros) et le centre culturel L. Escande (Réalisation de R. Levasseur).

 

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Pose de la première pierre du quartier de Bioux - 16 mai 1948 en présence de V. Auriol, Président de la République, René Coty, Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme, Pierre Lambert, Préfet de Saône et Loire, Pierre Denave, Maire de Mâcon et les architectes.

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