La réaction du député de la 1ère circonscription de Saône-et-Loire suite aux événements du 17 octobre
Communiqué
Manifester est un droit. Saccager la République n’en sera jamais un.
Samedi soir, à Limoges, le campanile de l’hôtel de ville s’est effondré dans les flammes. Ce bâtiment avait traversé près d’un siècle et demi d’histoire. Il n’a pas résisté à quelques heures de rage. Partout, la même scène s’est répétée. À Marseille, la mairie a été prise d’assaut. À Bordeaux, des casseurs ont forcé la résidence de la préfète. À Lille, Nantes et Angers, des hôtels de ville ont été envahis et saccagés. À Lyon, l’office de tourisme a brûlé. À Paris, Toulouse et Grenoble, des rues entières ont été livrées au pillage. Des centaines de policiers, de gendarmes et de pompiers ont été blessés.
Mâcon n’a pas été épargnée, notamment le quartier des Blanchettes, où le centre social a été incendié dans la nuit et où les sapeurs-pompiers ont été pris pour cible.
Rien de tout cela n’est un hasard. La mairie, c’est la maison commune. C’est le premier endroit où la République prend un visage. S’en prendre à ces lieux de pouvoir, c’est défier l’autorité. Mais c’est aussi s’attaquer à notre bien commun et à notre démocratie, à tout ce qui rapproche les citoyens de la République en apportant des réponses à leurs besoins. Ce sont toujours les plus fragiles qui en paient le prix.
Samedi, des centaines de milliers de Français, dont beaucoup de lycéens et d’étudiants, ont manifesté leur mécontentement. Il est légitime que ces revendications puissent s’exprimer, dans l’ordre et le calme.
Le gouvernement devra recevoir dans les prochains jours l’ensemble des représentants de ces mouvements, ainsi que les syndicats et les partis, pour apporter des réponses. C’est là que ces revendications doivent être entendues.
Mais il y a aussi ceux qui, depuis des semaines, entretiennent l’incendie à coups de mots. Ce sont des responsables politiques qui répètent que nos institutions ne seraient plus légitimes, que le dialogue serait une trahison et que la rue vaudrait mieux que les urnes. Ils ne lancent pas les pavés, mais ils ont patiemment construit le décor dans lequel d’autres les lancent. Ceux qui ont voulu légitimer la violence doivent aujourd’hui la condamner. Toutes les formations politiques doivent condamner les violences, sans conditions.
Quant à ceux qui ont cassé et pillé samedi, ils ne portaient aucune revendication. Ils ont abîmé ce qui appartient à tous. Ils seront poursuivis, et ils paieront : ceux qui ont détruit devront réparer, ceux qui ont pillé devront rembourser.
Je pense enfin aux policiers, aux gendarmes, aux sapeurs-pompiers et aux agents municipaux qui ont passé cette nuit dehors, souvent sous les projectiles. Ils ont protégé tout le monde, y compris ceux qui les insultaient. Je pense aussi aux commerçants et aux artisans qui ont vu le travail d’une vie partir en quelques minutes. Nous aurons besoin de l’État et des assurances pour reconstruire et pour accompagner nos commerçants et nos collectivités, notamment à Mâcon. J’y veillerais lors de l’examen budgétaire.
Rien ne peut excuser ces actes. Ils devront être sanctionnés avec la plus grande fermeté.
Benjamin Dirx
Député de Saône-et-Loire




































