
Créé en 2012 sur un terrain mis à disposition par la commune, le jardin potager partagé d’Azé est mené et géré par les jardiniers adhérents du foyer rural. Ce lieu écologique, labellisé en mai 2023 Refuge de biodiversité par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), est une reconnaissance du modèle de jardinage pratiqué sur place.
Celui-ci préserve en effet le sol, l’eau de la Mouge, ainsi que la microfaune et la flore locales, notamment endémiques.
Parmi les critères de cette labellisation figure la présence d’une mare, espace essentiel d’hivernage, de nourrissage et de reproduction pour de nombreuses espèces aquaphiles. C’est ainsi qu’en juillet 2024, l’idée de créer une mare naturelle au jardin a germé.
De l’idée au projet
En deux ans, en collaboration avec le foyer rural et la commune d’Azé, une réflexion collective s’est développée parmi les jardiniers pour concrétiser ce projet. Les échanges ont porté sur la dimension, la conception, l’emplacement et la forme de la mare, mais aussi sur la législation applicable. Plusieurs entités ont été sollicitées, dont la Société d’Histoire Naturelle d’Autun (SHNA), qui a partagé son expertise en matière de mares naturelles.La faisabilité a également été étudiée en fonction de la superficie et de la nature du sol de la parcelle.
Un professionnel de l’aménagement de bassins, Bassins en Cascades, a été consulté. Ses préconisations ont permis aux jardiniers de se projeter dans la phase opérationnelle, notamment avec le choix des matériaux et l’élaboration du plan de creusement.
Une mare creusée en une journée
C’est tout récemment, le 3 avril, sous un soleil radieux, que le creusement a eu lieu. D’une surface d’environ 8 mètres sur 4 et de forme ovoïde, la mare a été réalisée par l’équipe de Martinot TP, au moyen d’une mini-pelleteuse. La bonne terre a été disposée sur le pourtour cultivable, tandis que le sous-sol a été évacué En Vaux grâce au camion benne municipal.
À l’aide d’un niveau laser, trois paliers ont été sculptés pour accueillir différents types de plantes aquatiques, selon leurs besoins en profondeur : émergées, semi-émergées ou immergées. Une pente douce a également été aménagée pour faciliter la circulation des batraciens, amphibiens et petits rongeurs, qui viendront s’y abriter, se nourrir, se désaltérer ou se reproduire. Au-delà d’un havre de vie, la mare, par sa profondeur et son pourtour, constitue ainsi un maillon essentiel de l’écosystème local.
Un aménagement aquatique au style naturel
Le samedi 30 mai les jardiniers se sont retrouvés pour une journée de travail : pour garantir l’étanchéité à long terme, deux bâches professionnelles ont été posées sur le fond de la mare : une géotextile et une autre en caoutchouc. Il ne restait plus que la mise en eau. Progressivement, la nature prendra le relais et la mare sera colonisée par des plantes aquatiques. La végétalisation sera endémique, et la mare restera sans poisson.
Un projet fédérateur
Ce projet embellit le jardin tout en contribuant à la préservation de l’environnement. Il est souhaité que cette nouvelle unité paysagère devienne un lieu de promenade et de contemplation, à proximité de la résidence des Tilles. Elle servira aussi de décor naturel à de futures initiatives conviviales au jardin. À terme, l’école pourrait s’en inspirer comme point de départ pour aborder en classe les enjeux du développement durable.
En conclusion, ce projet collectif illustre qu’il est possible et souhaitable d’agir ensemble pour améliorer le cadre de vie de tous.
Marthe Michel

photos du creusement, le 3 avril ; photos de la pose des bâches, le 30 mai































































