Ce mardi matin, les premières scènes du film "En mémoire du père", consacré à l'histoire de Charles Dorel, ont été tournées à Sennecé-lès-Mâcon. Porté par l'association Théâtre, Culture et Handicap Bourgogne Sud, en partenariat avec l'association Les Fées Papillons et avec le soutien de la mairie de Sennecé-lès-Mâcon, le projet rassemble notamment des figurantes issues de l'association engagée auprès des personnes touchées par le cancer.
Un tournage au cœur de l'histoire locale
À Sennecé-lès-Mâcon, l'histoire de Charles Dorel est intimement liée à celle du village. Figure emblématique de la mémoire locale, ce jeune paysan du XVIIIe siècle aurait été emprisonné pendant cinq ans dans la tour de l'ancien château, sur ordre du marquis de Gorges, avant d'être finalement libéré à la Révolution française.
Aujourd'hui encore, cette histoire demeure profondément ancrée dans le patrimoine de la commune : en témoigne le sentier qui porte son nom et invite les visiteurs à suivre les traces de cet enfant du pays. C'est donc tout naturellement que plusieurs lieux emblématiques ont servi de décor au tournage d'"En mémoire du père". Les équipes se sont notamment installées à l'intérieur de la mairie de Sennecé-lès-Mâcon, dont la bibliothèque a été transformée pour les besoins de certaines scènes, mais aussi devant la tour médiévale, dernier vestige de l'ancien château seigneurial, où Charles Dorel aurait justement été retenu prisonnier.
Une équipe déjà investie autour de Charles Dorel
L'association Théâtre, Culture et Handicap, représentée par Jean-Louis Navarro, qui a écrit une partie du scénario, n'en est pas à son coup d'essai. En effet, en octobre 2025, elle avait déjà porté le docu-fiction "Noces de cendres ou le tragique destin de Charles Dorel", un film de vingt minutes retraçant la vie de ce héros du Mâconnais. Réalisé par Medhi Khadouj, ce premier projet mêlait séquences documentaires et fiction, avec la participation de bénévoles des Fées Papillons.
Ce mardi matin, des figurantes issues de cette association accompagnant les personnes touchées par le cancer se sont prêtées au jeu d'actrice avec le plus grand sérieux. Celles-ci jouaient notamment les rôles de George Sand et de sa fille Solange, ou encore de villageoises de l'époque. Par ailleurs, Bastien Villette, dit "Baba Wild", incarne Mathurin Dorel, fils de Charles Dorel.
Une œuvre portée par la passion
Mathurin revient sur les lieux où son père Charles a vécu et souffert pour raconter son histoire, transmettre sa mémoire et dialoguer avec le spectateur. Ce second volet revient sur les parcours croisés de Mathurin et Alphonse de Lamartine. Le fils de Charles va suivre le combat humaniste de Lamartine en mémoire du père. Pour l'anecdote, avant de se lancer dans le monde du cinéma par le biais du théâtre, Baba a grandi au sein des écoles de Sennecé-lès-Mâcon.
À noter que ce docu-fiction est réalisé par Jean-Louis Navarro, Serge Renoud-Lyat et Anthony Litaudon, photographe et fondateur d'"AL Drone 71". L'équipe du film tient à remercier le maire de Sennecé-lès-Mâcon, Philippe Beaumarty, pour son accueil, ainsi que l'association Les Fées Papillons pour sa participation. Une belle démonstration qu'il est possible de produire un film de qualité sans disposer de moyens pharaoniques, à condition de s'entourer de personnes compétentes et investies.
Yvan Peinaud