
Nous y étions samedi dans l’espoir d’observer et de pouvoir relater une journée annoncée comme historique dans la 3ème plus grande ville de France à à peine une heure de Mâcon, grâce à la convergence des luttes. Hélas, c’est une plaie béante qui restera finalement dans l’histoire. Les images, le récit et les questions qui se posent encore et toujours.
L’accès à la place Bellecour était bien difficile samedi en début d’après-midi. Vouloir rejoindre le rassemblement populaire était une gageure après 13h30. Les rues qui menaient à la place étaient presque toutes barrés par des cordons de CRS, ce qui pose déjà la question de la liberté d’aller et venir, sans parler du droit de rejoindre un point de rassemblement pour faire usage de son droit de manifester. Celles et ceux qui étaient arrivés vers midi ont eu droit à une fouille des sacs. Les gazages au lacrymogène avaient déjà commencé à 13h30.
Une fois passés les barrages des CRS, il fallait vite rejoindre le centre de la place pour ne pas subir le gazages. Sur place, c’est une foule de quelque 20 000 personnes qui scandait ACAB... All Cops Are Batards. En Français : tous les flics sont des batards... Une réaction de la jeunesse vis à vis des gazages contre les manifestations lycéennes du début du mois, qui n’est pas sans rappeler, évidemment, le fameux « CRS-SS » de 68. Et c’est un bien un climat révolutionnaire qui planait sur la place à 14h00, avec le chant des Gilets jaunes – « On est là, même si Macron ne veut pas nous on est là, pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur nous on est ! » – et la Marseillaise entonnés par une partie de la foule.
Hélas, les choses vont rapidement basculer dans le chaos, quand des vandales sont monter sur le toit de l’office de tourisme commencer leur saccage. Quelques minutes après, ils brisaient les vitres pour y pénétrer et mettre le feu. S’en était déjà terminé du rassemblement pour la convergence des luttes, qui n’a évidemment pu se faire. La foule a pourtant commencé a marcher en direction du Nord pour manifester. Au bout de la rue qui conduit à la sortie de la place Bellecour, la tête du cortège a subi les tirs de gaz lacrymogène et n’a pu aller plus loin. Avec le slogan ACAB, il était difficile d’envisager d’aller plus loin. Par ailleurs, le rassemblement n’avait pas été officiellement déclaré. « La présence d’éléments radicaux est redoutée à Lyon ce samedi. Mardi dernier, ils étaient 300 à former un imposant black bloc dans le cortège lyonnais. Ils avaient saccagé assurances, banques et station-service » peut-on lire dans Le Progrès du 17 octobre.
L’affaire a donc très vite tourné à l’affrontement et au chaos, laissant la place au vandalisme et au pillage de quelques groupes profitant de la situation hors de contrôle pour agir en meute, anéantissant l’esprit du 17 Octobre.
L’on peut se demander quand même pourquoi nos policiers de la BAC et nos gendarmes du GIGN n’ont pas été envoyés sur le toit de l’office du tourisme pour attraper la bande de sauvages qui sévissait en toute liberté et sous les yeux de la foule ? Et pourquoi les CRS ne les ont-ils pas empêchés de pénétrer dans l’office pendant qu’ils cassaient les vitres ? Des questions qui resteront malheureusement sans doute sans réponse. Quoi qu’il en soit, la responsabilité de nos gouvernants est lourde, très lourde. En 68, la réponse politique, bien que c’étant faite attendre, a été concrète. De Gaulle - qui disait lui-même qu’ « en France, la meilleure cour suprême, c’est le peuple » -, de son retour de Baden Baden où il avait fuit, ayant perdu pied, a dissout l’Assemblée nationale.
Qu’attendre aujourd’hui d’un président de la République qui a perdu sa légitimité en 2024, et d’un gouvernement qui n’en a pas ?...
Rappelons inlassablement qu’en démocratie, c’est le peuple qui décide.
Extraits des articles 2 et 3 de la constitution définissant la souveraineté : « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »
Nous payons un très lourd tribu aujourd’hui pour leur mépris de la démocratie et des aspirations populaires en la matière, à savoir l’instauration du référendum d’initiative citoyenne, revendication des gilets jaunes.
Rodolphe Bretin

Bien difficile d'accéder à la place Bellecour. Un cordon de CRS fait barrage, ce qui contribue au mauvais climat de l'après-midi





Très vite, ils s'attaquent à l'office du tourisme et salissent le drapeau tricolore



Il n'y avait pas que des vandales, loin de là










Au milieu de tout, des vendeurs de sandwichs, surréaliste !



Le cortège n'ira pas bien loin






































