Communiqué :
L’équipe de France quitte Séville et la première étape de la coupe du monde 2026 avec deux médailles d’argent et des performances pleine de promesses.
Au terme d’une dernière journée consacrée aux finales, les Bleus repartent d’Andalousie avec des repères pour la suite de la saison internationale.
Déjà vice-championnes du monde lors de leur première saison ensemble, Emma Cornelis (Sport Nautique de Nancy) et Hézékia Péron (Club Nautique de Libourne 1876) ont confirmé faire partie des meilleures mondiales en deux sans barreur. Dans une finale particulièrement disputée, les Françaises ont été au contact des autres favorites dès les premiers coups d’aviron. Troisièmes après 500 mètres, elles ont choisi de passer à l’offensive avant la ligne des 1000 mètres : une accélération payante qui leur a permis de virer en tête à la mi-parcours, avec près de huit dixièmes d’avance sur les Chiliennes. Les Tricolores ont alors imposé leur rythme mais ont vu progressivement revenir les paires chiliennes et tchèques. À 300 mètres de l’arrivée, les Tchèques sont parvenu à reprendre l’avantage et malgré leur résistance, les Françaises n’ont su répondre dans les derniers mètres et ont franchi la ligne en seconde position. Une médaille d’argent qui vient récompenser plusieurs mois de travail et confirmer les ambitions de ce bateau.
« On a appliqué la stratégie qu’on s’était fixée avec Adrien : être offensives dès les premiers coups et tenir le plus longtemps possible. C’est ce qu’on a fait. Il en manque un peu sur la fin mais on va repartir à l’entraînement pour bosser là-dessus », analyse Emma Cornelis. « Tous les compteurs ont été remis à zéro cet hiver. On a reconstruit le bateau avec l’envie de progresser à chaque entraînement, coup par coup, avec beaucoup de rigueur. »
Même satisfaction du côté d’Hézékia Péron : « Cette médaille fait vraiment très plaisir. Ça fait quelques mois qu’on travaille à l’entraînement sans forcément réussir à retrouver le niveau qu’on avait atteint pendant le stage terminal des championnats du monde. On sait qu’on a encore des choses à travailler mais finir sur une course comme ça, où on a osé faire des choses, c’était vraiment kiffant. »
Quelques minutes plus tard, le quatre sans barreur masculin a offert l’un des plus beaux scénarios de la journée. Armand Pfister (Club Nautique de Chambéry-Le Bourget), Alistair Gicqueau (Aviron Tours Métropole), Florian Ludwig (Club Nautique de Chambéry-Le Bourget) et Téo Rayet (Société des Régates Mâconnaises) ont toujours ramé au contact du podium, dans une finale menée par les Britanniques. Quatrièmes après le départ mais jamais décrochés, les Français sont rapidement passé en troisième position derrière les Anglais et les Néerlandais. Tout au long du parcours, ils ont su maintenir les Roumains à distance pour sécuriser une place sur le podium. Mais les Tricolores ne s’en sont pas contenté : dans les derniers 500 mètres, on les a vus revenir progressivement sur les Néerlandais avant de les déborder dans les toutes dernières longueurs. Une remontée spectaculaire qui leur offre la médaille d’argent pour quelques précieux centièmes – 24, très précisément.
En zone mixte, l’émotion est d’autant plus forte que les Français n’ont compris leur classement qu’après avoir franchi la ligne d’arrivée : « J’ai compris qu’on était deuxièmes en passant la ligne », sourit Armand Pfister. « Le quatre sans barreur français tournait autour de cette médaille depuis plusieurs années. Faire un podium et en plus battre les Hollandais à la fin… On ne peut pas dire que c’était inattendu mais ça nous a surpris quand même. Quelle course ! »
Même surprise pour le Tourangeau Alistair Gicqueau : « Je n’ai pas tourné la tête de toute la course, je ne savais rien, j’écoutais juste ce que disait Armand. C’était la consigne : rester dans notre bateau et se faire confiance. J’ai senti les Hollandais à côté de nous et je me suis dit qu’il fallait absolument aller les chercher. Notre objectif premier était de battre les Roumains, mais réussir aussi à passer les Hollandais, c’est vraiment génial. Ils nous avaient battus hier mais ce qui compte, c’est la finale. On était les petits en 2024, on espère être les gros en 2028. Hâte de voir la suite ! »
Troisième finale A de la journée pour les Bleus avec Emma Lunatti (Aviron Grenoblois) en skiff féminin. Dans une course particulièrement dense, la Française n’a pas hésité à prendre ses responsabilités. Comme lors de sa demi-finale, elle a réalisé un départ très rapide pour s’installer en tête après les 300 premiers mètres. Mais derrière, dans une finale où toutes les autres rameuses étaient déjà montées sur un podium mondial et olympique, personne n’a lâché prise. Les écarts sont restés infimes et l’Irlandaise Fiona Murtagh n’a pointé qu’à cinq centièmes au premier passage intermédiaire. Progressivement, l’Irlandaise et la Lituanienne ont repris l’avantage tandis que les cinq premières embarcations restaient regroupées dans un mouchoir de poche. Cinquième à la mi-course à seulement deux secondes de la tête, Emma Lunatti a continué de se battre mais a progressivement cédé du terrain dans la seconde moitié du parcours. Elle termine finalement cinquième d’une finale relevée dont elle aura été l’une des principales animatrices. Devant, c’est finalement l’Anglais Lauren Henry qui s’impose à la photo finish.
« Même si ma demi-finale hier était plus aboutie, c’est une bonne course. J’ai essayé de jouer le plus longtemps possible dans cette finale. Ça a attaqué fort mais j’ai essayé de rester concentrée sur les points techniques qu’on s’était fixés. À la mi-course, je suis encore bien au contact. Dans les derniers 700 mètres, je sens que ça attaque et que j’ai moins les moyens de répondre qu’hier. Aujourd’hui, c’était mon 100 %. »
La Grenobloise retient surtout l’expérience acquise face à un plateau mondial particulièrement relevé : « C’était une course très serrée. Pouvoir courir une finale avec un plateau pareil, c’est ultra kiffant et une expérience intéressante pour la suite. Personnellement, ça me permet de prendre un repère au niveau international qui est quand même très costaud par rapport à mon temps de préparation. »
La journée avait débuté par les finales B. En deux de couple masculin, Victor Marcelot (Boulogne 92) et Samuel Arque (Aviron Club de Lyon Caluire) ont livré une course solide dans une catégorie particulièrement dense. Longtemps troisièmes derrière les Portugais et les Suisses, finalistes des derniers championnats du monde, les Français sont parvenus à dépasser l’embarcation helvétique dans les derniers mètres. Mais dans le même temps, les Tchèques réalisaient un retour remarqué sur la ligne d’eau 1, prenant la deuxième place. Les Tricolores terminent finalement troisièmes de cette finale B et se classent neuvièmes au classement général, un résultat encourageant pour ce jeune bateau en construction.
Quelques minutes plus tard, le quatre de couple féminin composé de Violaine Aernoudts (Club Léo Lagrange Armentières), Margaux Bailleul (Société Havraise de l’Aviron), Agathe Oudet (Société Nautique de la Basse-Seine) et Milla Massemin (Sport Nautique de Nancy) a parfaitement conclu son week-end sévillan. Au coude à coude avec l’Australie pendant les 1 000 premiers mètres, l’équipage français a fait la différence dans le troisième quart de course avant d’accélérer encore dans le sprint final. Un secteur de course qui constituait l’objectif principal du jour. Mission accomplie : les Françaises s’imposent avec près de cinq secondes d’avance et remportent cette finale B pour décrocher la septième place du classement général.
Avec deux médailles d’argent, trois équipages en finale A et des résultats encourageants dans les finales de classement, l’équipe de France repart de Séville avec des repères pour la suite de la saison internationale. Prochain rendez-vous du circuit mondial : la coupe du monde II de Lucerne, du 26 au 28 juin.






























































