
Le coup d’envoi du Festival Ô Féminin a été donné avec une conférence interactive captivante à la MJC de l’Héritan. Retour sur une soirée où plus de 50 personnes ont décrypté, entre rires et prises de conscience, l’influence des séries et films sur nos amours.
C’est sur les notes du hit « Mauvais Garçon » de la chanteuse Helena (Star Academy) que la soirée a débuté ce 5 mars. Un titre qui n’a pas été choisi au hasard par Marion Gaget, guide-conférencière, et Karine Mazé-Drijsen, de l’association Femmes Solidaires Mâcon. Devant plus de 50 personnes, elles ont posé la question qui fâche (mais qui passionne) : Pourquoi avons-nous un faible pour les « bad boys » ?
De Grease à After, en passant par les séries Netflix, l’archétype du garçon rebelle, mystérieux et arrogant, est partout. La conférence a permis de mettre en lumière un mécanisme bien huilé du ‘piège de l’écran’ ; près de 30 extraits de séries et de films (surtout hollywoodiens) ont été passés au crible exigeant mais remarquable de Marion Gaget, qui nous adresse un constat fort : « la fiction nous vend l’idée que l’amour doit être un combat, une souffrance, ou que la femme a pour mission de « guérir » l’homme toxique par sa patience. »
« Les films et les séries participent à la construction de ce que nous considérons comme naturel dans une relation, y compris, parfois, les violences verbales ou physiques », ont rappelé les intervenantes.
Cette analyse des intervenantes de Femmes Solidaires prenait la forme collective et le point fort de cette rencontre résidait dans l’interactivité. Le public a été invité à analyser des extraits de films et de séries pour débusquer les stéréotypes de genre. Loin de vouloir censurer nos films cultes, Marion Gaget a invité l’auditoire à une « consommation active » : s'émouvoir, certes, mais sans oublier de questionner les rapports de domination qui se jouent sous le vernis du romantisme.
L’échange a également permis d’aborder des concepts issus de l’ouvrage de Chloé Thibaud sur la manière dont le patriarcat peut « saboter » les relations hétérosexuelles en valorisant l'abnégation chez les femmes et l'assurance excessive chez les hommes.
Le message de la soirée est clair : le véritable amour ne doit ni faire peur, ni faire mal. Une leçon de pop culture nécessaire pour réinventer nos propres scénarios amoureux.
Cette conférence ouvrait brillamment le Festival Ô Féminin, qui se tient jusqu'au 12 mars à la MJC de l’Héritan.
Porté par des bénévoles engagés, l’événement propose un système de participation libre et consciente, permettant à chacun d’accéder à la culture selon ses moyens.
La suite du programme :
6 mars (20h) : Théâtre d’improvisation « Elles ».
7 mars : Yoga Kundalini (14h) et Soirée dansante (21h).
8 mars (10h) : Pilates de la femme pour la Journée Internationale des Droits des Femmes.
9 mars (14h30) : conférence intitulée Tunisie, trésors de Kairouan
12 mars (19h30) : Spectacle Tremplin des talents émergents féminins.
J.-Y. Beaudot

































































